UN PEU D'HISTOIRE


La fondation

    La paroisse de Saint-Séverin a été détachée des paroisses de Saint-Tite et de Saint-Stanislas en 1889.  Avant cette date, les gens d'ici devaient parcourir de grandes distances à cheval et souvent sur des chemins en mauvais état, pour se rendre à leur église respective pour la messe dominicale, les baptêmes et les sépultures.  Voilà pourquoi plusieurs demandèrent la fondation d'une nouvelle paroisse dès 1873.

    Seize années plus tard, Mgr Laflèche accède enfin à leur demande et la décision d'ouvrir une nouvelle paroisse devient irrévocable.  L'érection canonique eu lieu en septembre 1889.  La paroisse aura  pour nom Saint-Séverin en l'honneur du chanoine Louis Séverin Rheault qui a décidé des frontières de la municipalité et de l'emplacement de la nouvelle église.

    Dès décembre 1889, Saint-Séverin accueille son premier curé, l'abbé Proulx.  Il passe son premier hiver chez monsieur Alphonse Lanouette et célèbre ses premières messes dans une maison privée, celle de monsieur Rémi Goulet.

    L'année suivante, les citoyens construisent, à coup de corvées, une petite chapelle et le presbytère actuel.  Quant à l'église, elle ouvrit officiellement ses portes en 1897 et avait coûté 17 000 dollars, ce qui était immense à l'époque.  Pourtant, les citoyens la payèrent en moins de 15 ans.

    En 1912, un vicaire, l'abbé Lessard s'implique activement avec quelques pionniers dans la fondation de la 44ième Caisse Populaire au pays.  Les premiers dépôts et retraits se sont même faits au presbytère.  Une part sociale coûtait 5 dollars et on pouvait la payer par versements de 25 sous par mois.


Vie municipale

    C'est en avril 1890 que l'érection civile fut proclamée et nos registres municipaux s'ouvrent deux mois plus tard.  C'était coutume à l'époque que l'organisation sur le plan religieux précède l'organisation sur le plan municipal, car les paroisses étaient d'abord des unités religieuses décidées par l'évêque d'un diocèse.

    Les premières réunions du conseil se tiennent dans la maison ou le moulin à farine de monsieur Alphonse Lanouette, citoyen qui a joué un rôle de premier plan dans les débuts de Saint-Séverin.

    Aussitôt nommés par le Lieutenant Gouverneur de la Province de Québec, les premiers conseillers élisent monsieur Ovide Goulet comme maire.  Les premières tâches de celui-ci et du nouveau conseil furent de voir à la construction, à l'amélioration et à l'entretien des routes et des ponts.


Le pont Couvert (autrefois le pont Bordeleau)

    Le premier pont bâti à cet endroit remonte à 1875, soit l'année où fut ouverte la route de la côte Saint-Paul à laquelle il donnait accès.  Ce pont avait été érigé pour permettre le passage des gens de Saint-Tite vers Saint-Stanislas, Saint-Narcisse et vice-versa.  En 1932, le ministère de la colonisation, autrefois chargé d'ouvrir des routes en pays neuf, accepte de le reconstruire en le coiffant d'un toit pour une raison essentiellement pratique, en retarder le pourrissement.  La paroisse peut se compter chanceuse de posséder un tel pont en bon état, car il en reste seulement une centaine au Québec.


Données démographiques

    La population de Saint-Séverin a fortement varié au cours des ans.  À la fondation, on comptait 902 âmes dont 524 communiantsEn 1946, la population atteint près de 1800 personnes soit plus du double de la population actuelle.


Incendies

    Deux feux importants ont marqué l'histoire de notre paroisse.  En 1921, un premier incendie détruisit une dizaine de maisons.  Plus de vingt ans plus tard, en 1944, un deuxième détruisit 33 bâtisses dont 18 maisons du village.  Ces dures épreuves donnèrent lieu à une explosion de générosité et de solidarité, toute à l'honneur des citoyens.  Une leçon de vie que jeunes et moins jeunes d'aujourd'hui tentent de perpétuer.


Moulins à farine, à scie et à carde

    Notre rivière avec ses chutes a joué un rôle économique important dans notre développement.  Saint-Séverin a compté deux moulins à farine dont l'histoire remonte même avant la fondation de la paroisse.  Les gens partaient d'aussi loin que Saint-Rock, Saint-Joseph de Mékinac et Sainte-Thècle pour venir faire moudre leur grain chez nous.

    L'industrie et le commerce du bois ont aussi occupé une place importante dans notre histoire et pas moins de 10 moulins à scie ont opéré dans les limites de la paroisse.  Parmi ceux-ci le moulin Crête, aujourd'hui propriété de Kruger, a été le plus important.  Contrairement à d'autres moulins qui étaient alimentés à l'eau, le moulin Crête a fonctionné à l'électricité dès ses débuts en 1949.

    Avoir accès facilement  à un moulin à carde, lui aussi actionné par la rivière, était un grand avantage pour les gens de Saint-Séverin.  Dans la vie des familles d'autrefois, la laine jouait un rôle important et chaque cultivateur possédait quelques moutons pour combler les besoins de sa famille.  En plus de desservir les gens de Saint-Séverin, le propriétaire du moulin à carde avait un employé qui allait recueillir les ballots de laine jusqu'au Lac-aux-Sables et même Saint-Ubald.


Électrique Kabibouska

    Toujours grâce à la rivière, une petite centrale électrique a existé à Saint-Séverin.  Elle fournissait l'électricité aux gens du village seulement et aussi aux habitants de Saint-Tite.  Quel progrès!  Fini les lumières blafardes des petites lampes à l'huile, les gens pouvaient enfin éclairer leur maison avec quelques ampoules de 40 watts!


Le livre Saint-Séverin de Proulxville, 100 ans d'histoire

    Comme il est impossible en quelques lignes seulement de rendre justice à la richesse de notre histoire et surtout, aux femmes et aux hommes qui ont courageusement fait ce que Saint-Séverin est aujourd'hui,  un livre écrit pour le centenaire de Saint-Séverin est disponible à la bibliothèque de la municipalité.  Le lecteur y trouvera une foule de détails au sujet des écoles, des fromageries, des divers commerces, des fêtes religieuses et aussi, sur le quotidien des pionniers de notre paroisse.  Les deux éditions du livre Saint-Séverin, 100 ans d'histoire sont malheureusement épuisées.